Départ à 9h00 de Iéna, la faute à un petit-déjeuner tardif (l’hôtel n’ouvrait le buffet qu’à 8h00, un scandale pour des cyclistes affamés ! 🍳)

Il fait doux, le ciel est clément et nous mettons le cap sur Weimar pour commencer la journée.

Après une vingtaine de kilomètres, nous voilà arrivés à Weimar. Cette ville d’environ 65 000 habitants est mondialement connue pour avoir été le cœur vibrant des Lumières allemandes, abritant les écrivains Goethe et Schiller, mais aussi pour avoir donné son nom à la fragile « République de Weimar » (1919-1933). Visuellement, la ville n’a rien d’extraordinaire au premier abord, mais ici, l’histoire résonne à chaque coin de rue.

Une histoire qui sait aussi se faire terriblement sombre, comme en témoigne ce panneau à la sortie de la ville indiquant la direction du camp de concentration de Buchenwald…

Nous continuons notre route direction Erfurt. Pour vous, amis lecteurs, ce nom ne résonne peut-être pas. Pour nous, si ! Erfurt, c’est un peu le Saint-Pierre-des-Corps allemand : un nœud ferroviaire mondialement connu par tous les voyageurs qui traversent le pays en train, sans que personne ne sache vraiment ce qu’il s’y passe.

Et là… c’est le drame. Étienne rencontre un problème technique majeur : son câble de dérailleur arrière lâche net. Conséquence immédiate : la chaîne se bloque sur le plus petit pignon, le braquet le plus dur possible. Le timing est parfait, sachant que nous sommes censés attaquer du gros dénivelé cet après-midi pour découvrir le parc naturel de la forêt de Thuringe ! 😱
Le temps de se sustenter stratégiquement:

et me voilà reconverti en « Bricole Boy », moi qui suis d’ordinaire si « manuel ». Heureusement, mon coach perso (Gemini) à distance est là pour nous guider par message. Parce qu’en Allemagne, un dimanche à 13h00, autant vous dire que tout est fermé !

Après quelques sueurs froides, nous réussissons l’opération de la dernière chance : bloquer mécaniquement le dérailleur sur un pignon intermédiaire à l’aide des vis de butée. Étienne se retrouve en pignon fixe / single-speed, mais il peut enfin pédaler ! C’est reparti !
La route s’élève et le paysage se transforme. Les forêts deviennent plus denses, plus variées, plus feuillues. Les villages traversés se font plus coquets et même les clochers des églises changent de style… C’est fascinant de voir les micro-régions changer sous nos yeux.

On croise quelques rares cyclistes, et un troupeau de moutons qui nous regarde passer d’un air dubitatif.

Mais le plus important, c’est qu’on garde le sourire !

Parce que le vélo d’aventure, c’est aussi ça : des crevaisons, de la pluie, du vent de face, des canicules, des chaînes ou des câbles qui cassent. Mais en vrai ? Ce n’est pas l’essentiel. Ces imprévus nous apprennent beaucoup sur nous-mêmes. Chaque voyage nous fait grandir, et c’est dans l’adversité qu’on savoure le moment. Comme le disait une grande philosophe française contemporaine (Jenifer, pour ne pas la nommer) : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » ! Pour les amateurs : Au soleil
Ah on me dit dans l’oreillette que la citation originale est de Nietzsche 😅
Nous nous enfonçons toujours un peu plus dans la forêt de Thuringe en remontant la rivière Gera. Au passage, on croise quelques vestiges du passé : une vieille ferme abandonnée, puis les restes d’une authentique Trabant est-allemande complètement désossée.


Le coin est vraiment splendide. Même si notre « arrogance » de Français nous souffle parfois des petits airs de déjà-vu, on doit bien avouer que c’est très joli.

Pour les derniers kilomètres, le parcours nous réserve une surprise de taille : un petit chemin gravelonné avec des pentes entre 10 et 12 %… La cerise sur le gâteau après déjà 90 km dans les pattes ! Cette fois, Étienne posera pied à terre. Il faut dire qu’attaquer de tels pourcentages en pignon fixe, c’est surhumain !

En vrai, il a même couru ! Je dis ça, je dis rien 🤐
Finalement, après 93,9 km et 970 mètres de dénivelé positif cumulé, nous voilà arrivés à destination, dans un petit coin de paradis perdu au milieu de nulle part (tout ce qu’on aime !).
Pas même le temps de prendre une douche qu’on se jette sur une bière bien fraîche. Il fait pas loin de 30 degrés à l’ombre, et je crois qu’on ne l’a pas volée celle-ci !

Après une bonne douche salvatrice (un peu de savoir-vivre quand même !), nous nous lançons dans une dégustation des grandes spécialités de Thuringe : la fameuse Rinderroulade (paupiette de bœuf locale) accompagnée de ses Thüringer Klöße (des boules de pommes de terre, proches des Knödel, mais beaucoup plus tendres et fondantes).

En bref ? Encore une bien belle étape, entre histoire, paysages, mésaventures et bons appétits !

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