Grosse vague de chaleur oblige, ce matin le rĂ©veil pique un peu : dĂ©part Ă 7h30 tapantes pour profiter un maximum des heures « fraĂźches ». Oui, on a un concept des vacances bien Ă nous ! đ


LâitinĂ©raire est toujours aussi calme, paisible et agrĂ©able. Au fil de nos coups de pĂ©dales, nous changeons discrĂštement de rĂ©gion. Bienvenue dans le Baden-Wurtemberg !

Ce Land du sud-ouest de l’Allemagne est une terre de contrastes profonds, historiquement nĂ©e de la fusion en 1952 de trois anciennes rĂ©gions : le Bade, le Wurtemberg et la Prusse-Hohenzollern. C’est aujourd’hui le moteur Ă©conomique et industriel du pays (le berceau de Porsche et Mercedes), mais aussi une rĂ©gion Ă la nature exubĂ©rante, cĂ©lĂšbre pour sa ForĂȘt-Noire et sa vallĂ©e du Neckar (merci ChatGPT đ).
Avec 117 km prĂ©vus et pas moins de 1 000 m de dĂ©nivelĂ© cumulĂ©, on sait que la journĂ©e va ĂȘtre longue. D’autant qu’Ă 9h30, le thermomĂštre affiche dĂ©jĂ 30°C… Allez, une petite pause contemplative en bord de riviĂšre s’impose !

Au passage, les statues religieuses qui ornent les ponts et les chemins nous rappellent Ă chaque instant que nous roulons toujours dans le grand Sud catholique.

Le Bade-Wurtemberg se dĂ©voile et il faut avouer que câest trĂšs beau. Paysages vallonnĂ©s, forĂȘts denses, riviĂšres sinueuses et Ă©glises de charme…

La grande particularitĂ© ici, c’est la pierre en grĂšs rose (le fameux Bunthandstein). Typique de la rĂ©gion et extraite des carriĂšres locales, elle habille les ponts, les Ă©glises et les maisons, donnant aux villages un cachet fou. Bon, certains Français chauvins diront que ça ne vaut pas les ocres de Roussillon, mais franchement, câest trĂšs beau !
Ensuite, le profil de l’Ă©tape se corse : ça monte, ça descend, ça monte, ça monte… exactement comme le thermomĂštre ! Ă 11h00, il fait dĂ©jĂ 34°C đ„”. Heureusement, nous avons dĂ©jĂ 50 km dans les jambes. On squatte les moindres coins dâombre et de « fraĂźcheur » pour faire des pauses rĂ©guliĂšres. Avec cette chaleur Ă©crasante, il faut mĂ©nager le cĆur !

AprÚs une ascension particuliÚrement coriace⊠(voir topographie ci-dessous)

⊠nous dĂ©barquons dans un petit bled Ă©quipĂ© de notre QG officiel : un supermarchĂ© Edeka. Le temps de chasser de quoi pique-niquer, puis de sâhydrater Ă l’abri du soleil quâil nous faut dĂ©jĂ repartir.

Objectif? En abattre un maximum avant que le mercure ne dépasse les 35°C.
Pour la suite, nous empruntons une ancienne voie ferrée réhabilitée en piste cyclable.

C’est le moment idĂ©al pour que mon cerveau enclenche le mode jukebox đ
36 Grad und es wird noch heiĂer,
Mach den Beat nie wieder leiser,
36 Grad, kein Ventilator
Das Leben kommt mir gar nicht hart vor
Vous lâavez ? Bon je vous traduis !
36 degrés, et ça devient encore plus chaud
Ne baisse plus jamais le tempo
36 degrés, pas de ventilateur
La vie ne me paraĂźt pas si dure
La chanson rĂ©sume parfaitement notre Ă©tat d’esprit et le ressenti du moment !
On s’accorde une Ă©niĂšme pause pour dĂ©guster un grand classique de la boulangerie allemande : le StangengebĂ€ck ou Laugenstange (un genre de bretzel allongĂ©, salĂ© et ultra-moelleux). Guten Appetit !

Alors comme le dit ma mĂšre⊠« câest bon mais câest un peu Ă©touffe chrĂ©tiens ton truc » đ€Ł mais moi jâadore, comme les bretzels đ #CitationDuJour
TrĂȘve de gourmandise, il faut pĂ©daler sans relĂąche. La chaleur nous plonge en mode pilote automatique. Les jambes tournent, le cerveau surchauffe et divague, mais on avance. D’ailleurs, il nây a pas que nous qui souffrons de la canicule : on croise mĂȘme un cheval Ă©talĂ© de tout son long dans son prĂ©, en mode pĂ©pĂšre total, visiblement assommĂ© par les degrĂ©s !


Une fois lâascension principale achevĂ©e, et la descente qui va avec, nous dĂ©couvrons enfin la trĂšs belle vallĂ©e de la Neckar.

à ce stade, nous sommes sur un rythme de pause syndicale tous les 10 kilomÚtres : on boit, on pédale, on boit, on pédale.
Finalement, aprĂšs 117 km d’effort intense, Heidelberg se dĂ©voile enfin Ă nous, dominĂ©e par son cĂ©lĂ©brissime chĂąteau romantique.

Suspendu au-dessus de la vieille ville, ce joyau en grĂšs rose (tiens, encore lui !) est l’emblĂšme absolu du romantisme allemand. Partiellement dĂ©truit par les troupes de Louis XIV au XVIIe siĂšcle, ses ruines majestueuses ont fascinĂ© des gĂ©nĂ©rations de poĂštes et d’artistes, de Goethe Ă William Turner.
Le temps de prendre une douche (et lĂ , croyez-moi, c’Ă©tait une urgence absolue pour la survie du couple !), et nous voilĂ partis Ă la dĂ©couverte de la ville et de ses spĂ©cialitĂ©s.

Au menu ce soir pour recharger les batteries : une excellente biĂšre bien fraĂźche:

Et une assiette de Maultaschen !

Câest tout simplement une sorte de trĂšs gros raviolis, gĂ©nĂ©ralement farcis bĆuf hachĂ©, chair Ă saucisse (oui ça reste le pays de la saucisse hein đ ), dâĂ©pinards, dâoignons, et de pain rassis. Câest typique du coin, et câest trĂšs bon đ
Allez, à demain pour une étape majeure !



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